Propriété intelectuelle

Licence Creative Commons
Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la Creative Commons Licence 3.0 France - Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les mêmes Conditions.

mercredi, février 21, 2018

Eros au musée (1)

Deuxième édition de la Saint-Valentin au M.B.A



Soirée"coquine", organisée par Robert Blaizeau, directeur des musées saint-lois avec la complicité des Amis des musées qui ont lu des textes célébrant l'amour.



Pour compléter les oeuvres  des collections permanentes sur ce thème, des tableaux et des objets avaient été sortis des réserves, comme ce "Rêve d'Eros" de Jules Machard, dédié à Valérie Feuillet.



      Des lettres autographes adressées à Octave et à Valérie Feuillet,  issues du fonds ancien de la médiathèque étaient exposées sous vitrine et ont été lues.
    La première, écrite de Milan par une admiratrice de l'écrivain, Maria Dandolo . (Lien ici)



La seconde, écrite par Anatole de la Farge à Valérie Feuillet, consiste en un badinage dans l'esprit galant du XVIII ème siècle.



    Il y est question de  la clef d'or que détient l'académicien, Octave Feuillet,  époux de Valérie, allusion à une pièce de l'écrivain ainsi intitulée.




Le bracelet exposé dans la vitrine était un cadeau d'Octave à Valérie,  suite au succès de cette pièce.


                                                    Anonyme, Amours et colombes





      Dans le hall, le Cupidon de Jules Félix Coutan (devenu  sous les bombardements l'amour blessé),  accueille  toujours les visiteurs, mais ce soir-là, un petit décor de coeurs les guidait.

vendredi, février 16, 2018

Amitié ?Amour ?

Dans le fonds Octave Feuillet de la médiathèque, j'ai lu cette belle "lettre d'une inconnue", accompagnée du portrait photographié de cette lectrice passionnée.

Milano : Deroche e Heyland Corso Vittorio Emanuele 16 , nel 1867 concorsero all’Esposizione di Parigi meritando una medaglia d’argento



29 Septembre 1868


Comme je crains que vous m'ayez oubliée tout à fait j'ose, Monsieur, m'adresser encore à vous, pour me rappeler à votre souvenir. Il me serait très douloureux de briser une connaissance aussi chère que la vôtre, maintenant que je m'étais habituée à vous regarder comme un ami.
La première lettre que je vous ai écrite, était dictée par l'admiration ; à ce sentiment toujours aussi vif dans mon cœur, s'est jointe ensuite une amitié véritable. Vous avez été si bon pour moi, vous m'avez écrit des choses si affectueuses, que j'ai dû vous aimer.
J'éprouverai donc un grand chagrin si vous ne me donniez plus aucune de vos nouvelles, et, sincèrement, je ne pourrais pas me résigner à vous devenir tout-à-fait indifférente.
J'ai donné, il y a quelque temps, vos ouvrages à une dame qui ne vous connaissait pas. Cette lecture lui a causé tant de plaisir qu'elle a voulu absolument voir vos lettres et votre portrait. Ce n'est pas chose nouvelle pour moi que d'entendre prononcer votre nom avec enthousiasme, eh bien, que voulez-vous ? Cela me donne à chaque fois une joie si grande, si grande, que j'en suis heureuse pour longtemps. Je n'ai pas besoin de vous dire que l'admiration des autres trouve un écho centuple dans mon cœur.
Savez-vous ce qu'on a dit de votre photographie ? Que vous ressembliez à vos livres, qu'on ne saurait vous donner une physionomie différente. Quant à moi ce que je trouve de meilleur en vous c'est cette expression intelligente et sympathique, qui me captive l'âme.
J'espère, oh que j'espère, voir bientôt paraître un nouvel ouvrage de vous! Vos livres ne m'ennuient jamais;  toujours un grand principe, toujours des sentiments délicats et nobles qui élèvent l'âme et l'esprit, votre manière d'écrire voilà ce que j'appelle moi, l'art sublime d'un véritable écrivain !
Adieu Monsieur, laissez-moi vous admirer et vous aimer, et croyez à l'affection dévouée avec laquelle je suis toujours
Votre affectionnée
Maria Dandolo

.................................................................................................................................................................
Octave Feuillet (1821-1890) avait 47 ans à la réception de cette lettre .
................................................................................................................................................



Lien ici / F. Heyland
...........................................................................................................................................................
Une incitation à relire De l'Amour de Stendhal

Chapitre II

Voici ce qui se passe dans l'âme:
1- L'admiration
2-On se dit: Quel plaisir de lui donner des baisers, d'en recevoir, etc.!
3-L'espérance.
  On étudie les perfections; c'est à ce moment qu'une femme devrait se rendre, pour le plus grand physique possible. même chez les femmes les plus réservées, les yeux rougissent au moment de l'espérance. La passion est si forte, le plaisir si vif qu'il se trahit par des signes frappants.
4-L'amour est né.
Aimer, c'est avoir du plaisir à voir, à toucher, sentir par tous les sens, et d'aussi près possible un objet aimable et qui nous aime.
5- La première cristallisation commence.
  On se plaît à orner de mille perfections une femme  de l'amour de laquelle on est sûr, on se détaille tout son bonheur avec une complaisance infinie .

 (...)

  Ce que j'appelle cristallisation, c'est l'opération de l'esprit, qui tire de tout ce qui se présente la découverte que l'objet aimé a de nouvelles perfections.

mercredi, février 14, 2018

L'amour, toujours

Métamorphoses

A partir de 1925, les relations entre Picasso et Olga Khokhlova, son épouse depuis1918 se dégradent.
Les portraits d'Olga montrent des visages angulaires des nez coupants, des dents dévoratrices.

 Le Baiser, 1929 Huile et fusain /toile 73/54 cm



Lorsqu'en 1927 le peintre rencontre Marie-Thérèse Walter, âgée de 17 ans, sa vision du corps féminin s'apaise, sa peinture  privilégie les formes épanouies de jeunes femmes athlétiques étendues au soleil ou jouant sur la plage.
..........
Frans Hals, Portrait de mariage d'Isaac Massa et Beatrix Van der Laen (1622) 
140 x 165, 5 cm
Rijksmuseum, Amsterdam


Frans Hals, Portrait de mariage d'Isaac Massa et Beatrix Van der Laen (1622) 
140 x 165, 5 cm
Rijksmuseum, Amsterdam



                Martins Lovers,  à Mougins 

mardi, février 13, 2018

Pied-à-terre

Mettre pied à terre :

sans trait d'union


dimanche, février 11, 2018

Pointer le bout de son nez

 Dame belette un beau matin...


                    Dame Hermine, par un bel après-midi
                    D'hiver, un immeuble avait investi.




L'hermine , symbole de la Bretagne, ici  a dépouillé  son pelage immaculé pour ses couleurs d'automne

  


"En 1202, la duchesse de Bretagne Alix épousa le duc Pierre de Dreux. A l'époque, seul l'ainé des enfants pouvait garder le blason familial, les autres enfants devaient " briser les armes", c'est à dire ajouter une brisure, un signe distinctif. Pierre de Dreux avait ajouté au blason familial une brisure de moucheture d'hermine. C'est ainsi que l'hermine fit son apparition en Bretagne.
L'hermine est au duc deBretagne ce qu'est le lys  au roi de France,  deux symboles de pureté.

Légende bretonne

Cela donnera naissance à la devise de la Bretagne.
"Plutôt la mort que la souillure" soit "Kentoc'h mervel eget bezan saotret" illustrée par une légende dont voici une des versions :
La duchesse Anne de Bretagne, lors d'une chasse, vit une hermine, traquée par les chiens, préférer mourir que de se salir en traversant une mare boueuse. Fascinée, la duchesse lui laissa la vie sauve et fit de l'hermine son emblème."



..........................................................................................................................................................

Du palais d'un jeune Lapin
Dame Belette un beau matin
S'empara ; c'est une rusée.
Le Maître étant absent, ce lui fut chose aisée.
Elle porta chez lui ses pénates un jour
Qu'il était allé faire à l'Aurore sa cour,
Parmi le thym et la rosée.
Après qu'il eut brouté, trotté, fait tous ses tours,
Janot Lapin retourne aux souterrains séjours.
La Belette avait mis le nez à la fenêtre. 
(...)
Le chat, la belette et le petit lapin , Jean de La Fontaine

mardi, février 06, 2018

Dans l'attente du printemps

Dans le parc du Thabor, à Rennes



"Situé au coeur de Rennes, le parc du Thabor fait partie du patrimoine de la capitale bretonne avec ses magnifiques jardins à la française, ses bassins, ses arbres rares, ses statues... La roseraie et un jardin botanique contribuent à faire de ce parc l'un des plus beaux jardins publics de France. Le jardin abrite des spécimens de nombreuses espèces d'arbres : chênes, séquoias, arbres aux quarante écus... La Ville de Rennes en est propriétaire depuis 1802. 




Sur 10 hectares, c'est un jardin paysager créé pour le plaisir de l’œil en 1866 par Denis Bühler, paysagiste parisien. "









Ouvert tous les jours de 7H30 à 18H30 ou 20H30 selon la saison."

(Photos prises en 2016, à la mi-février )
..............................................................................................................................................................
Liens personnels   ici et là 

dimanche, janvier 28, 2018

De Visu- 1 Sérendipité

"De Visu" est le titre donné par Bruno Dufour-Coppolani, artiste et professeur,  à la série d'expositions qui auront lieu au Lycée Le Verrier avec le soutien de a DRAC.

Leur objectif ? 

Offrir aux artistes un espace en milieu scolaire pour favoriser les échanges, exposer les travaux des élèves de Terminales, montrer que l'option arts plastiques amorce un parcours professionnel, renouveler l'opération "Retour vers le futur" qui valorise dix oeuvres d'anciens élèves 
encore engagés dans leur cursus artistique.





Romain Lepage,  lui-même  ancien élève du lycée, inaugure cette série avec des travaux réunis sous le titre "Sérendipité".


Le terme sérendipité , élu "mot de l'année" en 2010, désigne la faculté de savoir « à un certain moment tirer profit de circonstances imprévues ».




    Après une belle introduction musicale et un discours du proviseur du lycée,  le professeur d'arts plastiques a  présenté son ancien élève comme un artiste "théoricien", "minimaliste" au propos "radical" dans sa démarche visant l'art pour l'art. 




C'est une forme d'abstraction géométrique qui est ici présentée.

L'artiste - qui ne néglige pas non plus le volume  - s'est intéressé à un essai de Goethe sur la couleur  contredisant la théorie de Newton, pour le transposer en noir et blanc.

Cependant, la dimension mystique ou sacrée présente dans le traité de Goethe, soulignée par Bruno Dufour n'a pas été retenue par Romain. 




               
    Moins théorique, l'impression qui se dégage de ces formes géométriques et du contraste  noir/blanc dans l'architecture et la lumière de la galerie.
..................................................................................................................................................................

A propos de la  théorie de la couleur, liens  ici et là
Vers le site de Romain Lepage .
Article et vidéo Ouest France sur le vernissage.

samedi, janvier 20, 2018

Voyager, dessiner, écrire




     Dimanche 3 décembre 2017,une cinquantaine de personnes avaient rejoint  les Amis des Musées au MBA pour découvrir le peintre Albert Joseph Marie Dubois (1835-1893), deuxième enfant d'Ernest Dubois, beau-frère d'Octave Feuillet, frère de Valérie Dubois qui avait gardé précieusement le carnet de leur voyage de 1856 en Bretagne, conservé dans le fonds ancien de la médiathèque.



    D'un trait de crayon fin et précis, le jeune artiste de 21 ans, élève de Pierre Désiré Levavasseur a croqué des personnages en costumes régionaux, deux mégalithes, un calvaire (celui de Saint-Herbot? ) 



        l'église de Kérity, château des ducs de Bretagne,le tombeau des parents d'Anne de Bretagne.


    Sa carrière artistique s'est épanouie de 1865 à 1881, en exposant au Salon des Champs-Elysées des natures mortes et des compositions florales, sous la houlette de son professeur Georges Joseph Jeannin, plusieurs fois médaillé au Salon, professeur à l'école des Beaux-Arts de la Fleur.



    Toujours très proche de son beau-frère,il fréquenta comme lui les cercles des élites du Second Empire, notamment le salon de la Princesse Mathilde,autour de laquelle gravitaient Flaubert et Maupassant. 

    En 1860,il se maria avec  Camille Caruta, née en 1847 à Odessa,protégée de Claude Tom(m)asini et de son épouse, née Hubert, qui la dota richement.
    (Louis -Claude Tom(m)asini était le frère d'un célèbre botaniste et homme politique né à Trieste Mutius Joseph Von Tommasini.)
  Leur père avait été maire de la ville et y avait fait construire un théâtre à ses frais.) 

 La jeune femme fut très appréciée de la société Saint-loise et des Feuillet :dans sa correspondance, Octave feuillet loue son élégance, sa nature enjouée; Valérie évoque, dans ses souvenirs, ses dons de comédienne et de costumière lorsque la famille répétait aux Palliers les pièces destinées à être jouées à Compiègne, à la cour .  


 Albert Dubois devint- grâce à son père, Ernest Dubois- propriétaire du château de Saint-Rémy -des -Landes en 1865. 




    Il en fit une ravissante huile sur bois- sortie des réserves du musée des beaux-arts pour l'occasion- et se consacra progressivement à ce nouveau statut social et familial (le couple a eu deux filles et de nombreux descendants. 
    Certains possèdent peut-être des tableaux signés du discret  monogramme A. D., sans pouvoir l'identifier?)

    "Vanité de la peinture", écrivait Pascal.



    Quant au château de Saint-Rémy-des-Landes, transmis à une des petites-filles du couple, il fut acheté par la ville de Carrières-sous Poissy pour en faire une colonie de vacances, mais appartient depuis une dizaine d'années à un particulier.




    Cependant, ce centre de vacances existe toujours,sis dans une partie du parc, des locaux modernes complétent les anciens communs. 








    Le château connut-il en son  temps de brillantes réceptions, et des hôtes prestigieux, comme ceux que cite dans ses souvenirs le valet de chambre de Maupassant, François Tassard ?






Les lectures faites par Pascale Heurtevent et Yves Cornali ont valorisé l'impact de ce voyage en Bretagne sur les écrits de Valérie et d'Octave Feuillet tout comme le souvenir d' Albert Dubois, peintre et musicien, tel qu'il apparaît sous la plume du valet de chambre de Maupassant, François Tassart.
       M.S                                                                      
             
 Clin d'oeil à Tilia: merci pour ta recherche sur les Tommasini.   

   Pour leur aide précieuse, merci à Annick Fleitour, présidente des Amis du Musée bigouden, à l'historien Serge Duigou, à Françoise Bourdon, bibliothécaire à Plozévet, aux danseurs du Cercle celtique de Combrit , aux  personnes rencontrées par hasard qui se sont intéressées à ce petit carnet de dessins et qui m'ont très gentiment suggéré des pistes pour identifier les lieux et les costumes dessinés. 

Merci aux généalogistes contactés sur Généanet.

   Des zones d'ombres subsistent  dans cette recherche: par quels aléas Camille Carruta ,et sa soeur Clotilde furent-elles confiées au couple Tommasini? Quel est le lien entre leur père Jean-Baptiste Car(r)uta , probablement d'origine génoise  et la famille Tommasini?

  Quid de Nicolas Caruta,frère aîné de Camille et de Clotilde, mentionné en premier dans le faire-part de décès de J-B Caruta où figure la famille Dubois-Feuillet? 



mardi, janvier 16, 2018

Voyager en Bretagne: de la diligence au chemin de fer

Exposition estivale au musée départemental breton :

la Bretagne à l'affiche

Lien ici 











..............................................................................................................................................................
Prélude au billet suivant