mercredi, octobre 01, 2014

Point final au festival

...des bords de Vire



par une magnifique journée de fin d'été, 
petite virée, 
en compagnie d'une amie, depuis Tendance Ouest jusqu'à l'écluse du Rocreuil, en suivant le parcours Art et Environnement de la brochure.(Cf.ci-dessus)

Le croquis  de Source -en haut à droite- adoucit (édulcore ?)la réalisation qu'en a faite  Pawel Chlebek 

(Lien ici)

L'oeuvre nous heurte, et de sa description,  "C'est une sculpture représentant un homme prisonnier de lourdes branches, mais qui semble disparaître à partir du sommet de son corps, où se trouve un nid vide. 
"nous retenons plutôt l'image d'un corps supplicié.

L''interprétation , quant à elle: " L’artiste nous dit que l’homme, dans la brièveté de sa vie, ne fait que passer d’un état à l’autre, d’une coquille de protection à une autre.",ne dissipe guère  notre impression de malaise.
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L'étape suivante sera -t-elle plus souriante ?


Sans qu'il soit besoin de tenir compte du titre,   Seagull (mouette) 
nous sommes attirées par cette structure
en forme d'ailes ou de flûte de Pan
composée par Lorna Green, en symbiose avec  l'arbre  qui l'abrite, le paysage et le souffle du vent léger.


"Sculpture-mobile composée de rameaux de bois peints et suspendus aux branches d’un arbre, Seagull figure les ailes d’une mouette qui se serait perdue sur les bords de la Vire et y aurait trouvé refuge. Les plumes rigides de l’oiseau se mettent en mouvement au moindre souffle de vent mais pour un envol impossible. La mouette est devenue arbre, à moins que ce ne soit l’arbre qui tente de devenir oiseau. 
Lorna Green a choisi de représenter une mouette à cause de la proximité de la mer et aussi pour un aspect absurde qui rend incongrue son installation : les mouettes ne se posent jamais dans les arbres."


Cette réalisation est représentative de la démarche de l'artiste:

"Lorna Green travaille la majeure partie du temps sur des sites naturels et les sculptures qu’elle propose sont toujours créées en corrélation avec le lieu où elles se trouvent. L’artiste s’inspire du paysage, des éléments qui le composent, des gens qui l’habitent et de son histoire. 
Elle utilise toute sorte de matériaux avec une prédilection pour le bois, les fleurs ou les pierres, qu’elle choisit sur place, en fonction de ce qui est présent. Elle travaille aussi avec des matériaux et des objets de fabrication industrielle, dont elle pose la question de leur intégration forcée ou naturelle dans l’environnement. 
 Elle propose ainsi des œuvres permanentes, qui peuvent s’éroder lentement, ou totalement éphémères. "



La visée de l'installation suivante,  par Martina Ebel ne  manque ni d'intérêt, ni de charge émotionnelle:
"L’œuvre Guerre et Paix est composée d’une dizaine d’objets blancs ou à motif, suspendus aux arbres et flottant au vent. Il s’agit de vêtements cousus et réassemblés, qui ont été envoyés à l’artiste par les maires des quatre villes jumelées avec Saint-Lô, à sa demande. Le ruban rouge qu’elle y a ajouté symbolise à la fois la blessure et l’amour. 
mais la réalisation nous a semblé en -deçà des intentions de son auteur.

"Invitée à travailler sur le thème des 70 ans de la Libération de Saint-Lô, Martina Ebel évoque par son installation les fantômes de la guerre, mais de façon légère et  bienveillante. L’artiste propose une œuvre participative où la construction de l’amitié entre les pays est l’élément central de sa réflexion."

Via Picasa, voici ma version dramatisée des "fantômes de la guerre ", errant sur les bords de la Vire



Ce tronçon de l'ancien chemin de halage où se situait l'écluse du Rocreuil n'est malheureusement pas entretenu comme d'autres chemins,sur la Vire aussi, le  petit pont au fin travail de fer forgé se voit  envahi par les ronces et la rouille.


On peut regretter qu'il ne soit pas restauré, toutefois, son charme  vieillot et sauvage inspire les artistes amateurs...



Le pont fait des huit
rouille et ronces s'y enlacent
l'été s'éternise





Aquarelle personnelle
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Autres photos /
Liens pesonnels ici et

samedi, septembre 27, 2014

Dernières virées au festival'Vire -Locus


"Pour faire prendre conscience à tout un chacun de sa relation avec le lieu qu'il occupe (le sol est la base de notre  appropriation de l'espace),
l'artiste , Marion Orfila, 
n'hésite pas à le
...
délocaliser, quitte à remettre en question notre questionnement."



Article de O F ici

mardi, septembre 23, 2014

Nouvelles virées au festival'Vire :apparition

"Histoires de la maison blanche",d' Arno Arts
ou
Wunder kammer: cabinet de curiosités

Sise du  côté de Fervaches -et non de la Chapelle -sur -Vire , comme l'indiquait la brochure"Parcours Art et Environnement"-
il a fallu, pour la trouver, une bonne marche sur la voie verte, longer la Vire, s'étonner du greffon d'Eric Mareau, admirer une ancienne maison d'éclusier devenue maison d'habitation, grimper sur un sentier aux arbres enrubannés  par Gilles Appert, puis , après une côte rude, passer devant les vastes bâtiments d'une ferme, caresser un cheval en quête de compagnie...

Et, sur la route pentue, voir enfin apparaître sa structure aérée,  véritable coffret de nuages :
"Histoires de la maison blanche", Arno Arts

Présentée, dans la brochure comme "un tabernacle ou un sanctuaire", marquée par "la sérénité du lieu et la connotation religieuse de son nom, la Chapelle-Sur-Vire", cet "édifice aux murs ajourés comme une dentelle",acquiert, en plein champ, une présence matérielle qui n'exclut pas spéculations et rêveries.


Article et video ici /festival des bords de Vire

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DANS LES MAISONS LA LUMIÈRE

Dans les maisons la lumière par instants
Vient des étangs qui creusent le vallon
Entre les blés, les sapins et les vignes

Des éclats de soleil comme des éclats de vitre.
Eugène GUILLEVIC, Terraqué, Gallimard. (1907-1997)



RENTRE… (extrait)

Rentre dans ta chambre d’où l’on
voit vivre les mille fenêtres,
laisse la palme des saisons
se dessécher, pourrir, renaître,
pour posséder, il suffit d’être,
enferme-toi dans ta maison.
Henri THOMAS, Signe de vie, Gallimard. (né en 1912)


AU FOND DU JARDIN
Au fond du jardin se tient la maison, malgré les portes ouvertes pas une voix n’en monte. Il en est ainsi souvent à la campagne. Alors celui qui revient: soldat en permission, missionnaire des pays chauds ou adolescent sans métier franchit un seuil. La vaisselle reste calme. L’horloge à poids de pierre marche. Le village a émigré aux champs. Solitude sur les routes, au levant comme au couchant, mais chaque feuille des haies lutte à plein contre sa mort. Alors le revenant prononce la phrase consacrée: « Y a-t-il du monde? » Les choses montrent un tel regard qu’il lui faut bien admettre qu’il n’y a personne. Jusqu’à quand? Il est vrai qu’on ne peut s’asseoir pour attendre en pleine lumière.
Jean FOLLAIN, Tout Instant, Gallimard.

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Poèmes sur le thème de la maison , ici

vendredi, septembre 19, 2014

Images mémorables

Les  photos en grand format  du Major Howie
(Lien sur ce brave, ici, grâce à Tilia)
et celle, devenue mythique de Max et Jean Robin dans les ruines de Saint-Lô ont été dévoilées, sur la façade de l'hôtel de ville, vendredi 18 juillet, en présence des invités d'honneur Sally Howie, William Notley et Max Robin, fils d'un résistant fusillé le 15 juin 44 à Beaucoudray .
(Vidéo ici)



Cette photo des "gamins des ruines"  a fait le tour du monde
Elle représente Max et son petit frère Jean (9 ans ) errant  dans Saint-Lô  en août 44 , à la recherche  de leur père disparu.
Un soldat de l'armée américaine les avait fait poser , regardant sur une hauteur, la ville bombardée.
En 2004, ils se sont reconnus sur la photo  reproduite dans le livre publié par un écrivain breton Eric Rondel

Lire la suite / (article ici)


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Dans un décor reconstituant un ancien bureau de poste ,


la médiathèque d'Agneaux
a célébré 
le 70 ème anniversaire de la Libération  par une  très riche exposition philatélique
relative à la période 39-45.



Cette plongée dans le souvenir de la Libération de la ville a été complétée par une intéressante conférence 
d' Yves Lecouturierhistorien de la Seconde Guerre mondiale, auteur reconnu, professeur d'histoire à la faculté de Caen et dernier directeur du musée de la Poste de Caen .


Le conférencier a mis en lumière les préparatifs du débarquement-préparatifs  de longue haleine puisqu'ils étaient en germe dès 1940-  et les différents subterfuges destinés à détourner l'Allemagne du lieu exact des opérations.
Passionnant!
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L'exposition "Lettres de Normandie", prestigieuse collection d'art postal de Pierre-Stéphane Proust 
a apporté un éclairage inédit à cette série de  commémorations.



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mardi, septembre 16, 2014

"Prendre les eaux"


Le Pavillon Sévigné est une construction de l'époque Louis XIII, fortement restaurée et transformée en hôtel.
(Autrefois, Maison Gravier  édifiée vers 1624 pour la famille Gravier)

Il tire son nom d'une  célèbre curiste habituée des eaux de Vichy, 
qui, 
*d'après la tradition, y habita .






Les eaux de Vichy
À Madame de Grignan.
Mercredi 20 mai 1667.
J’ai donc pris les eaux ce matin, ma très chère ; ah, qu’elles sont méchantes ! On va à six heures à la fontaine : tout le monde s’y trouve, on boit, et l’on fait une fort vilaine mine ; car imaginez-vous qu’elles sont bouillantes, et d’un goût de salpêtre fort désagréable. On tourne, on va, on vient, on se promène, on entend la messe. Enfin, on dîne ; après dîner, on va chez quelqu’un : c’était aujourd’hui chez moi. Mme de Brissac a joué à l’hombre avec Saint-Hérem et Plancy ; le chanoine et moi, nous lisons l’Arioste ; elle a l’italien dans la tête, elle me trouve bonne. Il est venu des demoiselles du pays avec une flûte, qui ont dansé la bourrée dans la perfection. C’est ici où les bohémiennes poussent leurs agréments : elles font des *dégognades, où les curés trouvent un peu à redire ; mais enfin, à cinq heures, on va se promener dans des pays délicieux ; à sept heures, on soupe légèrement, on se couche à dix. Vous en savez présentement autant que moi. Je me suis assez bien trouvée de mes eaux, j’en ai bu douze verres. Elles m’ont un peu purgée, c’est tout ce qu’on désire. Je prendrai la douche dans quelques jours. Je vous écrirai tous les soirs ; ce m’est une consolation et ma lettre partira quand il plaira à un petit messager qui apporte les lettres, et qui veut partir un quart d’heure après : la mienne sera toujours prête.
Madame de Sévigné, Lettres choisies.

*Dégognade: action de se dégogner, c'est-à -dire , d'après Littré,
Se livrer à des mouvements dégingandés, désordonnés.(Etymologie inconnue)
  • Il y a beaucoup de mouvement, et l'on se dégogne extrêmement [dans la bourrée à Vichy][Sévigné279]



Autre vue de ce pavillon, à partir du Bd Kennedy.
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Lien vers Web 17, le XVII ème siècle de Roger Duchêne
*Controverse ici "Où résidait Madame de Sévigné pendant ses séjours à Vichy?"
et mise au point /Patrimoine Vichy, Alain Carteret
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Lire en ligne  quelques souvenirs de Valérie Feuillet sur son séjour à Vichy en 1886: mélancolie et humour sous sa plume alerte.
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