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dimanche, mars 26, 2017

Masques

"Aux yeux de l'intelligence, l'univers se fluidifie, se vaporise, devient songe et mensonges, apparences, masques, fantômes et reflets.
De quoi envier la sottise dont le poing solide se referme".

Amours, amour,  Maurice Chapelan.




(A suivre)

samedi, mars 18, 2017

Retour sur ... (3)





     L'artiste collectionneur Gaspare Manos a livré les clés de son processus créatif à 28 adhérents des amis des musées.





      L'enfant qui jadis jouait avec les statuettes, les vases asiatiques collectés par ses parents diplomates en Thaïlande, puis en contact étroit avec la civilisation africaine s'émerveille aujourd'hui de voir ces simples objets entrer au musée. 





     Mi-abstrait, mi-figuratif, l'artiste a intégré dans son oeuvre les entailles de masques, les scarifications africaines, les glacis de poteries, devenus tableaux  représentant ou évoquant 


des feuillages d'ananas,


des  décors urbains , des sites  vénitiens, 







des coulures , des taches susceptibles d'inspirer d'autres créateurs.






      Ce fut le cas pour une jeune couturière, à qui les taches fluides d'un de ses tableaux (ci-dessous à gauche)  vont inspiré des motifs textiles en vue d'une collection de mode. 




    A l'inverse, la célèbre styliste Sonia Rykiel lui avait demandé de créer une manière de poupée vaudou, à partir de ses chutes ou échantillons de tissus.





     Collectionner signifie pour Gaspare Manos engranger des objets, mais surtout souvenirs et émotions, dans un dialogue avec autrui pour échapper au temps qui passe et briser ainsi la solitude.




       Admiratif des représentations du corps humain, sensible aux hasards déterminants (objectifs? aurait dit André Breton ...) aux rencontres -  celle de Lucian Freud par exemple, qui l'a incité à peindre- il estime que "l'art est fait pour s'amuser."




     Ses projets? Trouver un lieu adéquat pour ses collections, ses archives, constituer un catalogue raisonné de  ses carnets de dessins.





Quatre mois après le vernissage de l'exposition, un retour sur images passionnant !






Liens :

http://photograff.blogspot.fr/2016/11/latelier-du-temps-2.html

http://photograff.blogspot.fr/2016/11/de-latelier-au-musee-1.html


mardi, mars 14, 2017

Fenêtres tragiques

                
             

  "La lumière est tout simplement fulgurante ici, la couleur est littéralement dévorée",
             note Nicolas de Staël dans des lettres écrites du Lavandou, d'Antibes ou d'Agrigente.




Né à Saint-Pétersbourg en 1914, Nicolas de Staël passe son enfance en Pologne puis en Belgique où, en 1938,  il suivra les cours de de l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles .
Installé à Paris en 1938, il rencontre la galeriste Jeanne Bucher qui l'expose en 1944 et 1945.

Sa toile Composition entre au Musée national d'art moderne à Paris en 1949.
1951: exposition à New York, acquisition d'une de ses toiles par le MOMA.
1952 et 1953: expositions à Londres puis à New York (Galerie Knoedler )
Plus apprécié outre-Atlantique qu'en France, il expose  26 toiles chez Rosenberg.

1954: exposition à la galerie Jacques Dubourg. Son retour apparent à la figuration déconcerte.


"Quand j'étais jeune , pendant des années, j'ai peint le portrait de Jeannine.(...)
Je m'interrogeais: qu'ai-je peint là? Un mort vivant ? Un vivant mort ?"




"Est-ce qu'un tableau peut être des taches et rien d'autre? Je n'en sais rien"


Le 14 mars 1955, le peintre se donne la mort à Antibes, où il s'était installé six ans auparavant.






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Liens  ici   (article du Point /16 mars 1955)
  (Peinture)
et là  (Composition )

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Source : 
Beaux-Arts , numéro 137, septembre 1995, De Staël aux limites de l'abstrait, article d'Eric de Chassey











samedi, mars 11, 2017

Service

Ce beau décor de salle à manger a également été présenté au musée de Vire, dans l'exposition 



Les explications d''une médiatrice culturelle guidant son petit groupe ont augmenté le plaisir de la vue par des celui de l'intellect , grâce aux précisions sur le service à la  Française, remplacé par le service à la Russe dont cette table et sa desserte sont un exemple.

Qu'est-ce que le "service à la Française"?
     Depuis le Moyen Âge, jusqu'au 19 ème siècle, les dîners officiels sont servis à la française (dans l'aristocratie), soit debout pour les convives qui se servent eux-mêmes sur une table comportant tous les plats du service  en cours, principe qui prendra ensuite le nom de "buffet"quand ce service est conservé..
Le repas est divisé en trois services :
  •  potages  et poissons,
  • pièces rôties
  • desserts.
Avec les principes suivants :
  • chaque service comprend plusieurs plats, tous servis en même temps à table avec les entremets et les hors-d'oeuvre y compris la pièce montée,
  • les hôtes se rassemblent autour de la table et se servent eux-mêmes, debout, en choisissant les mets qui leur conviennent, sinon ils ne peuvent prendre que ceux dont ils sont proches,
  • la table est dressée et servie avant l'arrivée des convives, les serveurs desservant les plats vidés au fur et à mesure. Ils en rapportent d'autres dans l'espace ainsi libéré pour une table toujours servie.(Source Wikipedia) 


     Le  service a à la Russe  été introduit par le prince Alexandre Kourakine, ambassadeur de Russie en France en 1810.
     Caractéristiques:
Présentation des plats en séquence, mise en valeur des pièces rôties, service à table avec des convives à la place par du personnel, ustensiles dédiés à la place.
     Ce service est aussi dit "au guéridon".



     Ce service est bientôt adopté car les plats peuvent être servis chauds, de manière moins fastueuse.



     Alors que le service à la Française disposait  peu de vaisselle sur la table, le service à la Russe favorise les superpositions d'assiette et l'alignement des verres devant l'assiette.



     Une autre hypothèse de ce service est parfois avancée: il serait dû à  Marie-Antoine Carême, après son retour de la cour de Russie.
     Dans les faits, le remplacement de l'un par l'autre s'est fait progressivement, sur une trentaine d'années: service à la Russe pour les dîners privés, mais pour les repas officiels-très protocolaires- un service mixte  (plats froids déposés sur la table "à la Française", service à la Russe pour les plats chauds.)



     Ces nouvelles pratiques ont influencé la restauration en salle pour tout public.
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Depuis le Moyen Âge, jusqu'au xixe siècle, les dîners officiels sont servis à la française (dans l'aristocratie), soit debout pour les convives qui se servent eux-mêmes sur une table comportant tous les plats du service en cours, principe qui prendra ensuite le nom de « buffet », quand ce service est conservé.
Le repas est divisé en trois services :
  •  potages  et poissons,
  • pièces rôties
  • desserts.
Avec les principes suivants :
  • chaque service comprend plusieurs plats, tous servis en même temps à table avec les entremets et les hors-d'oeuvre y compris la pièce montée,
  • les hôtes se rassemblent autour de la table et se servent eux-mêmes, debout, en choisissant les mets qui leur conviennent, sinon ils ne peuvent prendre que ceux dont ils sont proches,
  • la table est dressée et servie avant l'arrivée des convives, les serveurs desservant les plats vidés au fur et à mesure. Ils en rapportent d'autres dans l'espace ainsi libéré pour une table toujours servie.

vendredi, mars 10, 2017

Arriver comme mars/marée en carême


Curieuses expressions! 
  
lien ici 

La première, datant du XIV ème siècle signifiait "arriver inévitablement ",  bien sûr  puisque le mois de mars tombait  durant la  période du carême .
 Elle  a pris au XVII ème siècle le sens d'"arriver à propos". 
La seconde, faisant allusion aux plats de poissons bienvenus pendant le carême, a repris l'interprétation mentionnée ci-dessus.

L'Académie française avait été l' initiatrice de l'expression "comme marée en carême"dans un souci de clarification.
Mais au contraire les choses se sont brouillées, et sans doute à cause de la connotation négative du carême (période d'abstinence), "arriver comme mars en carême" a fini par signifier "arriver mal à propos".




       Loin des tableaux du XVII ème siècle représentant la nourriture avec une intention  philosophique, religieuse ou moralisatrice-notamment en temps de carême- des oeuvres ultérieures mettront  en scène les aliments selon un objectif profane , tout à l'opposé: exaltation du goût, voire de la gourmandise, valorisation du statut social de leur commanditaire.
 


      A partir de 1850, les "tableaux de salle à manger" se multiplient, donnant un nouvel essor au genre mineur de la nature morte et favorisant la carrière de peintres tels qu'Eugène Boudin ou Guillaume Fouace.




     A partir de 1850, les "tableaux de salle à manger" se multiplient, donnant un nouvel essor au genre mineur de la nature morte et favorisant la carrière de peintres tels qu'Eugène Boudin ou Guillaume Fouace.

Même en temps de carême- ou le vendredi, jour maigre selon la tradition catholique-les natures mortes de poissons et de crustacés exposées au musée de Normandie stimulent nos papilles, sous le pinceau de Jacques-Emile Blanche, de Guillaume Fouace, ou Denis -Pierre Bergeret.  









dimanche, mars 05, 2017

Vous avez dit " chef d'oeuvre "?

Le 8/02/ 17 à la médiathèque, présentation du livre "90 musées, 90 chefs d'oeuvre , le Guide et plus..."
aux éditions du Chameau
par 
Aatchi et Aatchi (collectif composé d' Antoine Pérus, de Serge Mauger et de Jean-Yves Lepetit)

Lien ici et  (/ O.F.)
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-Pourquoi ce nom Aatchi et Aatchi  

désignant  ce collectif, qui, d'ailleurs, n'en est pas vraiment un, puisque dans les Arts plastiques, un collectif désigne un groupe de personnes agissant successivement, alors que dans le cas présent, quelqu'un lance une idée qui se construit grâce aux regards croisés des autres ?

  Précisons que 80 personnes  ont testé les musées,  5 étudiants de l'UIT d'informatique de Caen  ont conçu une application et un site.

- Réponse à cette première question: 
c'est le détournement du nom du publiciste Charles Saatchi &Saatchi, le "S" , comme spéculateur, en moins.



 Pascale Navet présente le collectif composé d' Antoine Pérus, de Serge Mauger et de Jean -Yves Lepetit,  à l'initiative du projet , ainsi que l' éditeur du guide.

- "Comment cette idée folle a-t-elle pris naissance"?

J-Y Lepetit raconte que sa réflexion a germé au cours d'une visite 
du Louvre un jour de gratuité, pressé et quasiment piétiné par la foule  affluant vers la Joconde, tandis que restait vide  la galerie d'accès contenant  deux autres chefs-d'oeuvre de Léonard de Vinci. 

Quatre ans de travail ont suivi: des courriels ont été envoyés à 90 musées du monde entier pour savoir quelle est l'oeuvre emblématique  et comment l'atteindre en un minimum de temps et de pas à partir de la billetterie!  Parcours  testés par 80 personnes "suffisamment libres d'esprit (qui) se sont passionnées pour cette acrobatie qui n'est pas qu'intellectuelle". 






Après une brève présentation de la démarche et la géolocalisation des musées dans le monde, le guide se divise en deux parties: 

- une notice très précise sur les musées, leur oeuvre-phare et les moyens d'accéder au saint du saint, à  partir de la billetterie. Il manque, paradoxalement une analyse plastique.
-Telles quelles, c'est-à -dire sans traduction ni corrections, les réponses des conservateurs  des musées, dans la langue où elles ont été rédigées (Anglais, Français, Italien).

 Grâce aux questions de Pascale Navet, on découvre que le  style très unifié  des notices est dû à ...un  unique  rédacteur, J-Y Lepetit et que l'idée, très stimulante, de noter  ainsi les réponses émane de Serge Mauger.

En principe, les oeuvres -phares ont donc été choisies par les musées, à quelques exceptions près:
- lorsqu'il n'y pas eu de réponses, ou bien plusieurs propositions  ou, cas extrême,  lorsqu'il n'y a pas de chef-d'oeuvre (c'est le cas du musée des arts islamiques de Malaisie )
Ou lorsque les musées sollicités ont estimé que le concept de chef - d'oeuvre était discutable, faisant la distinction entre la valeur artistique intrinsèque d'une oeuvre, son appréciation par le public,  voire le logo du musée, bref, une simple opération de marketing.
Dans ce cas, la consultation de plusieurs guides touristiques français a permis aux auteurs de faire un choix.

Que propose donc le supplément au  titre" le Guide et plus..."si ce n'est l'occasion de se poser la question: "qu'est-ce qu'un chef-d'oeuvre", et  d'aborder une démarche proche de l'art contextuel.

lien ici 



Pour en faire ressortir  le sel, quelques pages du guide ont été lues par des membres de l'association Lire à Saint-Lô .





Commencée à la médiathèque, la soirée s'est poursuivie dans l'autre section du centre culturel Jean Lurçat,  sous la houlette du conservateur, Robert Blaizeau, feignant de s'indigner de l'absence du musée des Beaux-Arts dans ce guide.





Quelle oeuvre emblématique choisir ?

     Sous forme de jeu, trois équipes empruntant trois chemins différents devaient, en comptant leurs pas à partir de la billetterie,  parvenir jusqu'au chef-d'oeuvre


                                dont Jean-Yves Lepetit avait désigné les initiales du peintre : G. M.




Sapho, de Gustave Moreau, bien sûr 
(et non une oeuvre  Gaspare Manos, aux cimaises pour une exposition temporaire


M. Blaizeau a commenté cette oeuvre -phare du musée et a signalé ses deux autres pièces maîtresses :

Homère et les Bergers de Corot .


et
d'Eugène Boudin,
 Le Havre. Coucher de soleil sur le rivage, marée basse, Salon de 1884 (lien  ici  ) 






Puis, entre sérieux et humour,  il a désigné au public "son chef-d'oeuvre",  réalisation du 1% artistique au moment de la création du musée: un cendrier.


                             
      Objet  fonctionnel devenu inutile,  redevenu oeuvre d'art, en quelque sorte un ready-made.




mardi, février 28, 2017

Vous en reprendrez bien une part ? ( A little more? )

Musée de Normandie de Caen:  nouvelle scénographie de l'exposition "A table"! présentée au musée 
de Vire.
(lien personnel ici)



Je vous invite donc à  reprendre une petite resucée - comme on dit "tcheu nuous" de ce thème culinaire, traité d'une manière quelque peu différente, ce qui ne devrait donc pas risquer de vous lasser.












Hieronymus Francken I, dit Le Vieux
(Herentals, 1540-Paris, 1610)

Les Gras et les Maigres, huile /bois, collection Fondation Glenat, Grenoble.

La composition symétrique induit une lecture allégorique et moralisatrice, selon les prescriptions religieuses.

A gauche, l'abondance de victuailles et la gloutonnerie du personnage font allusion au péché de gourmandise.
A droite, désordre, misère dans le foyer obligent la famille à se nourrir, sans joie ni manières de tables, de plantes et de coquillages .








Bien que nous soyons le 28 février, jour de mardi-gras, avant le carême, entamons notre régime maigre:



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(A suivre)