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dimanche, décembre 21, 2014

Oh, qu'il est beau, le bruit de l'eau!

Pour  affronter l'hiver, 
petit souvenir estival, 
en écho aux photos de Marguerite-Marie
sur la rénovation des cascades du Tha bor




Les cascades inspirent les photographes Z' amateurs!



L'eau dans tous ses états:
photo-tableau de La Vilaine passée au bleu








Pont japonais style" Monet à Giverny",  tout bleu, lui aussi







vendredi, décembre 19, 2014

Au pays des Goubelins

Robert Lerouvillois ,  lauréat du 51 ème Prix littéraire du Cotentin, pour l'ensemble de son oeuvre a reçu sa récompense au château de Flamanville,sur la terre de ses ancêtres, dans un décor que le maire,Patrick Fauchon a présenté comme un patrimoine commun à tous, depuis  son achat par la commune en 1986.




Dans son discours, Patrice Pillet, conseiller général responsable de la culture a souligné ce qui relie Robert Lerouvillois, lauréat 2014 , Didier Decoin (Avec vue sur la mer, 2005), Eric Marie (2012, Dictionnaire normand-Français) et François David( 2014, Oeuvre poétique):
la capacité "à regarder et sentir la substance de notre terre d'Ichin".

Il  lui sait gré d'unir chroniques familiales, petite histoire et grande histoire ,  tout comme Gilles de Gouberville et d'allier sens  du détail et  sens du fantastique.

"Les images  étranges et saisissantes de l' oeuvre photographique, Immuables rochers de Flamanville, gardiens de mémoire
font penser  des goubelins sylvestres pétrifiés "rappellent la poésie de Côtis Capel. et illustrent cette pensée de Jean Rostand:

« En nous dévoilant ainsi une infranature insoupçonnée, on nous donne de nouveaux prétextes à regarder autour de nous, on augmente nos raisons d’estimer notre terre, on nous rattache à la planète par d’innombrables fils de beauté. Et aussi, quelle leçon de sagesse !
Il est toujours salutaire de rappeler à l’homme l’ubiquité de l’essentiel. »



Le président du Prix littéraire du Cotentin, Jean Levallois a , quant à lui , retracé le parcours familial, professionnel et politique du lauréat , sans escamoter la aléas de la maladie et de la souffrance.

Dans ses origines- père secrétaire de mairie militant , mère couturière avec des talents de peintre-il a lu la trame des deux derniers ouvrages qui ont compté pour l'attribution du prix,  Aux premières loges , un écolier du Cotentin dans la seconde guerre mondiale, et Immuables rochers de Flamanville.

Les titres savoureux de ses Chroniques de L'Astrolabe (Chante grenouille, Cherbourg n'est pas à conquerre, Jambe de bois) traduisent un bouillonnement de vie, la vie qu'un regard d'archéologue scrute et fait émerger de simples cailloux.
Il  était donc juste  que , pour l'anniversaire de la création du prix  littéraire du Cotentin par Pierre Godefroy
soit couronné un auteur attaché à ses racines , à  la mémoire  individuelle et collective.


Très ému, Robert Lerouvillois  a d'abord remercié les membres du jury , le Conseil général et le maire de Flamanville  pour avoir choisi, comme lieu de réception , la terre de ses ancêtres 
et cette demeure   qu'il sent peuplée  de" fantômes bienveillants ", depuis l'été 1959 où, étudiant en Lettres classiques,  il avait été autorisé par M. Rostand à consulter le Littré dans la bibliothèque du château. 

Même sentiment d'étrangeté en découvrant, dans l'ancienne mine de Diélette à  150 en -dessous du niveau de la mer, l'océan au-dessus des visiteurs, mais il est vrai qu'"à Flamanville , il ne faut s'étonner de rien" 
Est-ce un hasard si la remise de son prix , le 21 novembre 2014 coïncide avec la naissance de Jean-Marie Arouet, le 21 novembre 1694 alias Voltaire ?


Car notre auteur se réclame de Voltaire,pour  son horreur de l'injustice et pour son rationalisme.
Ainsi souligne -t-il avec malice les divergences entre le curé et l'instituteur à propos de la légende de saint-Germain tuant le dragon dans le trou  Baligan: fadaises pour l'un, fait véridique pour l'autre.

A propos du château lui-même, certaines "dieries" (comme l'écrivait Barbey d'Aurevilly) méritent d'être revues et rectifiées:
-Au XIXème siècle,  l'appellation fallacieuse  d"orangerie", alors qu'aucun oranger n'aurait pu supporter l'orientation au  nord de cette salle  où nous nous tenons,construite de 1730 à 1740  et dont le vrai nom était "la grande galerie pavée de marbre"



-Les deux tours crénelées , faisant de l'édifice "un vrai château du moyen-Age"alors qu'elles sont une création du XIX , à la manière de Viollet-Le-duc.
-Et cette  vieille tour  Jean-Jacques soi-disant  construite pour répondre au voeu du philosophe "de se retirer à Flamanville"...et qui date du XVIIème siècle!




S'il se réclame de l'esprit voltairien ,Robert Lerouvillois cultive aussi le goût du hasard objectif, cher aux surréalistes, comme l'ont révélé plusieurs anecdotes. Citons  cette rencontre récente, au salon du livre des Pieux, avec la fille d'un  professeur de Langues anciennes au lycée Condorcet , professeur qui l'avait incité à suivre cette voie.
Comme  ses livres, son discours marche  à sauts et à gambades, pour paraphraser Montaigne, promenant le public de l'univers des romans de Jules Verne découverts dans la bibliothèque scolaire, au  parc Emmanuel Liais -dont il a été conservateur- de l'Odyssée  (Chant VII) au musée Thomas Henri, devant un tableau de J.F.Millet; des paysages de Lucien Goubert , peintre ami de ses parents aux falaises de Flamanville et à ses rêveries devant les îles.


Ce très beau discours de remerciement a eu un écho très fort dans le public,  reconnaissant l'authenticité de   l'hommage rendu par " l'enfant du pays " à ses parents, ses maîtres et ses racines.


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"J'aime l'allure poétique, à sauts et à gambades ", écrit Montaigne

"Cette farcissure  est un peu hors de mon thème. Je m'égare, mais plutôt par licence que par mégarde . Mes fantaisies se suivent, mais parfois c'est de loin, et se regardent, mais d'une vue oblique. J'ai passé les yeux sur tel dialogue de Platon mi parti d'une fantastique bigarrure, le devant à l'amour, tout le bas à la rhétorique. Ils  ne craignent point ces muances, et ont une merveilleuse grâce à se laisser ainsi rouler au vent, ou à le sembler. Les noms de mes chapitres n'en embrassent pas toujours la matière ; souvent ils la dénotent seulement par quelque marque, comme ces autres titres : l'Andrie, l'Eunuque, ou ces autres noms : Scylla, Cicéron, Torquatus. J'aime l'allure poétique, à sauts et à gambades . C'est un art, comme dit Platon , léger, volage, démoniaque. Il est des ouvrages en Plutarque où il oublie son thème, où le propos de son argument ne se trouve que par incident, tout étouffé en matière étrangère : voyez ses allures au Démon de Socrate. Ô Dieu, que ces gaillardes escapades, que cette variation a de beauté, et plus lors que plus elle retire au nonchalant et fortuit. C'est l'indiligent lecteur qui perd mon sujet, non pas moi ; il s'en trouvera toujours en un coin quelque mot qui ne laisse pas d'être bastant, quoiqu'il soit serré. Je vais au change, indiscrètement et tumultueusement. Mon style et mon esprit vont vagabondant de même. Il faut avoir un peu de folie qui ne veut avoir plus de sottise, disent les préceptes de nos maîtres et encore plus leurs exemples.
Montaigne, Essais, (III, 9) « De la vanité », 1580.

mercredi, décembre 17, 2014

Récital pictural

de Jacques Lebouteiller, 
invité des Amis des Musées Municipaux de Saint-lô 
 pour leur  traditionnel concert de Noël.

                       Le chanteur-compositeur  est ici présenté par Jean Lascoux,  président  de l'association .




Accompagné par le guitariste Denis Bailhache, le poète  chante l'amour, l'amitié, les rencontres et les personnages pittoresques, comme Basile, ce  braconnier du massif de la Maurienne, la nature, les saisons , la Manche en Cotentin , le Havre de Regnéville...



dans la salle  des tapisseries...




Les mots qui célèbrent la mer ont trouvé un écho dans la salle des paysages.










Tout comme une chanson d'hiver, "la Prière" , devant le grand tableau de Charles-Marie Bouton, Moine en prière dans une église en ruine (1824)






A propos de Charles-Marie Bouton,et des paysages au musée de Saint-Lô, lien ici 

                                                                                                             


"Sur la route de Canisy,"

 hommage  au poète Jean Follain, dans l'espace qui lui est réservé


face à l'espace historique  consacré au bombardement et à la Reconstruction de Saint-Lô.

Une chanson très personnelle , "les bonbons acidulés"  relate son plus  ancien souvenir d'enfance, lié à la Libération .



Les hangars de la plaine

Des corbeaux attendent pâture 
au-dessus de la plaine 
ombres et reflets 
sur les toits se défont. 
Ici même il y a des années 
avec circonspection 
deux mains prodiguaient l’amour 
à l’homme noueux dont la vie a passé. 
Les grands hangars 
ne recueillent plus rien 
que bois mort, poussière, 
parfois un oiseau sanglant 
à plumage bleu. 


Jean Follain, in André Dhôtel, Jean Follain coll .Poètes d’aujourd’hui,Seghers,1956, 1972, p. 169.


Un beau dimanche au musée, en compagnie de ce chantre normand  qu'environ 200 personnes étaient venues écouter et applaudir-tout en fredonnant ses  mélodies  et ses paroles pleines de charme.


dimanche, décembre 14, 2014

Un expert au musée



Conférence de M. Claude Vilars au  MBA de Sant-Lô sur le thème de
l'élégance sous le second Empire.

Quelques lectures extraites des souvenirs de Valérie Feuillet ont structuré la causerie de M. Vilars ,  en la reliant aux objets sous vitrine de la donation Feuillet  tout en élargissant parfois le sujet.





- Quels critères pour évaluer  miniatures  et bijoux en cheveux   ?
               
Intéressons- nous au médaillon (à droite , dans la vitrine et en gros plan ) qui contient des cheveux.
Ceux d'une amante? D'un enfant disparu, comme le petit André Feuillet ? Mystère.

Il faut savoir qu'au XIXème siècle  existait un commerce de cheveux transformés en bijoux: colliers, bracelets, bagues, boucles d'oreilles.
Les cheveux blonds étaient les plus recherchés, parfois  finement tressés avec des cheveux bruns et noirs, de façon à dessiner des initiales . Les femmes de condition modeste pouvaient être amenées à  couper et vendre leur chevelure, à l'exception de la frange,  qu'un un  bonnet  cache-misère faisait ressortir.



En entendant ces détails, je n' ai pu m'empêcher de penser au chapitre des Misérables où Fantine, pour couvrir, croit-elle, les frais  que  Cosette  occasionne aux Thénardier, vend ses cheveux, puis ses dents, puis "le reste"

- A propos des miniatures,  une attention  particulière a été  bien sûr accordée à la pièce exceptionnelle de  cette collection:
la célèbre  bonbonnière  réalisée par Mellério offerte par l'Impératrice Eugénie, admirable pour son entourage en or, son encadrement de diamants , et sa magnifique miniature .
Malgré le lapsus de Valérie Feuillet dans Souvenirs et Correspondances, il s'agit bien d'une bonbonnière et non d'une tabatière -celles-ci étant beaucoup plus petites et possèdent deux ouvertures pour que le tabac ne sèche pas .



- Les   commentaires de M. Vilars  sur les accessoires du chic :
montres , carnet de bal, boîte à vinaigrette, et proje d 'éventail ont été très appréciés.

« Ma lettre est interrompue : premier essai de ma robe. Si tu savais comme elle est jolie, cette robe ! c’est un bouquet ! Et puis elle a une traîne que je vois fuir derrière moi et qui fait un délicieux froufrou. Dieu veuille que je ne marche pas dans cette traîne en saluant l’Empereur. Voilà qui serait affreux ! Juge donc ! si j’allais t’écrire : j’ai manqué ma révérence !

Justement, pour éviter une telle catastrophe , un petit accessoire  en forme d'anneau avec pince  existait,pour retenir la traîne: le saute-ruisseau , parfois nommé  "suivez-moi jeune homme" , terme désignant plutôt  les rubans flottants d'un chapeau.

Parmi les autres appellations de cet objet ,"pince à jupe, trousse-jupon, accroche-jupe, page, châtelaine…",   réservons  le terme "Châtelaine " aux chaînes de montres , dont nous voyons un spécimen dans la vitrine, sous  les deux tubes cylindriques qui sont des sceaux à cacheter.



Le carnet de bal exposé ci-dessous  est en ivoire, il se dépliait en éventail pour lire  la liste des danseurs . Un  petit porte-mine  contenant une mine de plomb permettait à la belle de noter ses cavaliers dont elle effaçait les noms au fur et à mesure des danses , à l'aide d'une mie de pain .
     

« Voilà qu’on me réclame pour le second essayage ; décidément c’est une tyrannie que le monde. 

Tyrannie du monde, tyrannie de la mode...Tyrannie  et supplice des corsets qui pouvaient provoquer l'évanouissement des élégantes!
L'objet ci-dessous, curieusement appelé "boîte à vinaigrette" , contenant un tissu imbibé d'alcali servait à ranimer les malheureuses victimes  de la mode.
En somme, c'est ce que nous connaissons plutôt sous le terme  pittoresque de "sels", destinés aux dames qui "avaient leurs vapeurs" , les vapeurs étaient précisément celles qui se dégageaient de l'alcali!




- Le coffre  (Chêne, sapindevenu bureau dans l'appartement parisien d'Octave Feuillet a été l'occasion d'une démonstration d'expertise.

Les coffres du XVIIème siècle ont connu un véritable engouement au XIX ème siècle et ont été restaurés, avec plus ou moins de bonheur sous l'impulsion de Viollet-Le -duc (1814-1879)
C'est l'impact des outils sur les serrures en fer forgé- particulièrement le serrage des clous et des vis-qui permet de distinguer  et d'authentifier le travail d'ébénisterie de ces deux époques .



Amélie Lemarinel, l'assistante de Conservation  qui avait travaillé à la rénovation du musée,décrit ainsi ce meuble:


"Coffre aménagé en bureau d’Octave Feuillet d'où la suppression du panneau arrière. Faces latérales : décor sculpté de pilastres cannelés, de mascarons et de volutes.Face avant : 3 panneaux sculptés séparés par des caryatides ; de gauche à droite : apparition d'un ange à Abraham, sacrifice d'Isaac, Abraham conduisant Isaac au lieu du sacrifice ? ou sacrifice d'Actions de Grâce ?, Section III "

Pour le plus grand plaisir  de l'auditoire, M. Vilars s'est amusé à expertiser ce meuble, en présentant ses défauts:
-Absence de fond arrière, plateau mal restauré du fait de son utilisation comme bureau

et ses atouts:
-Soubassement intact , façade et retours sculptés.





-Même démarche pour la console en bois doré  , qui a fait l'objet d'une "expertise".



Ce petit meuble  (Longueur : 92.5 cm Hauteur : 80.5 cm Profondeur : 61 cm) a été débité manuellement puisqu'on sent les coups de ciseaux.
Quelques éléments se contredisent:les croisillons sont caractéristiques du style Régence, tandis que les courbes et contre-courbes sont apparues sous Louis XV.
Hypothèse: travail réalisé en 1730 .
L'intégrité de cette console est un fait peu courant et l'on peut admirer , le long du mur, le piètement vertical qui tombe jusqu'en bas .



Le public, composé d'une trentaine de personnes, est souvent intervenu pour poser  des questions ou faire des remarques au cours de cette  conférence , qui mérite plutôt l'appellation de "causerie" ,car l'érudition de M. Vilars adopte toujours une tournure vivante et familière, propice au dialogue.

Les amis des musées le remercient d'avoir ainsi animé ce bel espace Feuillet rénové.

jeudi, décembre 11, 2014

Le chic

Suite au succès des Portraits de la Marquise, Valérie et Octave Feuillet sont invités à la Cour de Fontainebleau par l’Impératrice Eugénie.





Catastrophe ! la robe livrée à Valérie la déçoit : « un fourreau de douairière, enrubanné comme une quenouille »

La voilà dès potro- minet accourant chez le couturier anglais de la rue de la Paix, M. Worth qu’elle tire du lit et supplie de lui coudre une robe : "ll voulait une robe de soie lilas couverte de bouillonnés de tulles de même nuance, dans lesquels se noieraient des touffes de muguet. Un voile de tulle blanc jeté comme un nuage sur les bouillonnés et les fleurs. Enfin une ceinture avec des bouts flottants, rappelant les guides du char de Vénus. »







Valérie doit s’installer chez les Worth pour la journée , abandonnant mari et enfants « pour de vaines frivolités »


Elle décide donc d’écrire à sa "chère vieille bonne Victoire »….

« Il me semblait qu’en me rapprochant d’elle, je faisais un acte humble et bon qui rachèterait les vaniteuses pensées que je nourrissais depuis le matin.
« Ma chère bonne, lui disais-je, je vais à la cour ce soir. Es-tu fière de ta fille ? Ta fille est fière aussi, mais elle a des remords. Elle trouve que les plaisirs qui demandent tant à la vie sont de coupables plaisirs. Figure-toi que je suis sur pied depuis qutre heures du matin pour me faire faire une toilette. La première était manquée. Je t’écris chez le couturier, car c’est un homme maintenant qui habille les femmes à la mode. Cette folie va me coûter les yeux de la tête ; avec l’argent que je sèmerai là, j’aurais une maison pour tes vieux jours, voilà qui empoisonne ma joie, ma gloire et le reste !
« Ma lettre est interrompue : premier essai de ma robe. Si tu savais comme elle est jolie, cette robe ! c’est un bouquet ! Et puis elle a une traîne que je vois fuir derrière moi et qui fait un délicieux froufrou. Dieu veuille que je ne marche pas dans cette traîne en saluant l’Empereur. Voilà qui serait affreux ! Juge donc ! si j’allais t’écrire : j’ai manqué ma révérence !
« M. Worth (c’est le nom du couturier) me rassure et me dit que je me tirerai bien d’affaire. Il est très aimable, ce Worth. Tu sauras qu’il me fait beaucoup de compliments, qu’il est très heureux de m’habiller, parce que, dit-il, j’ai une jolie tournure et du *chic. Chic est un mot que tu n’as peut-être jamais entendu. Cela veut dire élégance personnelle, élégance ayant une physionomie. Je t’expliquerai cela jusqu’au bout quand je serai de retour dans notre Normandie et que je marcherai sur l’herbe de nos prairies en développant ce chic extrême.
« Voilà qu’on me réclame pour le second essayage ; décidément c’est une tyrannie que le monde. Cette fois-ci, je m’en vais pour toujours. »

« Adieu femme sans chic et que j’adore.

« Valérie


Quelques années de ma vie p 200-204 Valérie Feuillet , Calmann Lévy Editeur- 1894

« Chic » vient  de l’Allemand « Shick » qui signifie « justesse, convenance » et, en dialecte Alémanique (suisse allemand et alsacien), « habileté » et « savoir-faire ».
Cf une émission « Karambolage » !!
« Chic » est à l’origine un terme militaire et avoir du chic signifiait « avoir de la tenue » à une époque lointaine (bien avant celle de triste mémoire) où l’officier allemand passait pour un modèle de maintien.


C’est donc bien l’idée de savoir-faire, d’aisance à faire quelque chose, qui mène au sens « d’élégance », de désinvolture et de « prestance ».

(Résumés 
 et note 
de Pascale  Heurtevent)
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L'épée  d'académicien d'Octave Feuillet ,restaurée, se trouve en bonne place dans l'espace Feuillet rénové.
Cette épée avait été exposée dans les années 70 au lycée Octave Feuillet ( Paris  XVI ème arrondissement ) à l'initiative de son proviseur
http://ericessertet.chez.com/pageD47.html

Or, ce lycée professionnel compte, parmi ses spécialités ,
- les arts de la mode:
http://www.cdma.greta.fr/domaine-offres/accessoires-de-mode/

avec, pour objectifs:
"Concevoir des chapeaux, des sacs, des accessoires de tête, mais aussi utiliser différents matériaux, plumesfleurs artificielles vous permet d’enrichir vos propres créations " 

-et une initiation à la plumasserie ,  dont voici les enjeux:
Présentation du métier, des techniques à l’aide de documents et de modèles, de l’outillage.
"Reconnaissance des plumes à l’aide d’échantillons et de documents techniques:
- Coller les plumes à plat, en volume
- Coudre les plumes
- Monter les plumes
- Parer les plumes
- Découper les plumes
- Friser les plumes
- Monter des garnitures en plume
-Teindre les plumes
Techniques spécifiques de l’autruche:
- Monter des ornements en autruche
- Coudre un boa"
http://www.cdma.greta.fr/les-portes-ouvertes-du-lycee-octave-feuillet/

La Maison Février, au top du costume de revue depuis 1929 emploie quatre plumassières  qui ont appris les bases de leur métier dans ce lycée, unique en France , pour  la transmission de ce savoir.
C'est au coeur de Pigalle que se niche cet atelier, où les plumes de nandou deviendront  boas et autres trucs en plume non seulement pour le Moulin Rouge , mais aussi pour le Lido, l'Opéra Garnier, des revues en province ou à l'étranger.
Articles ici et
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De la plume de l'écrivain aux plumes des élégantes et des danseuses  du Moulin rouge, quel envol !
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mardi, décembre 09, 2014

Air, Feu, Terre, Eau


Les quatre éléments



L'air c'est rafraîchissant
Le feu c'est dévorant
La terre c'est tournant
L'eau - c'est tout différent



L'air c'est toujours du vent
Le feu c'est toujours bougeant
La terre c'est toujours virant
L'eau - c'est tout différent




L'air c'est toujours changeant
Le feu c'est toujours mangeant
La terre c'est toujours germant
L'eau - c'est tout différent



Et combien davantage encore ces drôles d'hommes espèces de vivants
Qui ne se croient jamais dans leur vrai élément.


Claude Roy